Un nouveau cas de "fauxtographie" a frappé, en mars, le World Press, la plus prestigieuse distinction du photojournalisme au monde : Stepan Rudik, un lauréat dans la catégorie sport, était disqualifié pour avoir effacé, grâce au logiciel Photoshop, un pied dans l'arrière-plan d'une de ses photos. Retouche mineure. "Au World Press, les règles de la profession concernant Photoshop s'appliquent, répond Ayperi Ecer, présidente du jury. On ne peut pas enlever un objet de l'image, quel qu'il soit." ...suite
Du 3 juillet au 19 septembre, du lourd et du piquant : 60 expositions pour cette édition des rencontres d'Arles. Six promenades : l'une pour célébrer le bi-centenaire de l'Argentine, une rock, une argentique, une avec les amis de la Fondation LUMA, une en forme de passage de témoin, avec entre autres, la collection du cinéaste Marin Karmitz, et une promenade autour des conditions de vie en prison. Suite...
Sang pour sang gauchos. Marcos Lopez, 52 ans, est " le " photographe argentin en vogue. Un portraitiste délirant de la réalité latino-américaine. Lopez adore l'excès et le kitsch bon marché. " Je pars d'une situation émotionnelle et j'y mets de la couleur locale comme un chroniqueur social et politique de mon époque ", dit-il. En haut, " Carnicera " (2005) ; ci-contre, " Il Piccolo Vapore " (2007). suite...
Le problème est particulièrement aigu en photographie, car la
délimitation de l'œuvre est malaisée. D'abord, les épreuves sont
multiples et plus ou moins importantes selon leur date et leur état.
Musées, galeries, maisons de vente aux enchères, collectionneurs
privilégient les épreuves d'époque, tirées juste après la prise de vue
: Lire la suite
Dans son livre 1945-Hiroshima, les images sources (éd. Hermann), paru en juillet, il en répertorie une centaine à partir desquelles s'est construite la mémoire nationale. Il retrace la vie de leurs auteurs, les circonstances dans lesquelles elles ont été prises et analyse la manière dont elles ont été réinvesties par la culture, passant d'une fonction informative au registre du symbolique. Lire la suite
L’histoire s’est répandue comme une traînée de poudre parmi les
photographes, qui ont immédiatement dénoncé «l’hypocrisie» de la
décision. Ils sont vingt à avoir participé à ce projet collectif. Une
exposition de grande ampleur, qui réunit 500 images produites sur les
deux dernières décennies, somme d’«archives du présent».
Depuis 2001 a lieu chaque dernier dimanche d'avril, partout dans le
monde, la journée mondiale de la photographie au sténopé. Certains
participants peuvent se donner rendez-vous pendant que d'autres
travailleront en solitaires, mais tous, à la fin de la journée,
inscriront leur photo sélectionnée sur le site. L'hyper-modernité au
service d'un art ancestral. le-renouveau-de-l-art-du-stenope
Les Boyadjian Photographes arméniens à la cour du Négus du 19 juin au 02 septembre 2007
Dans une approche historique, cette exposition met en relief le destin singulier d'une famille arménienne, les Boyadjian, photographes officiels du négus sur plusieurs générations et témoins privilégiés de la vie de la communauté arménienne en Éthiopie dans la première moitié du XXe siècle, jusqu'aux années 1970.
L'exposition est composée d'une sélection de 80 photographies (40 photos d'époque et 40 tirages modernes), issues pour la plupart des archives conservées à Addis-Abeba par Berhanu Abebe. Des objets (appareils photographiques...) et des textes (lettres, carnets...) viennent également enrichir cette exposition qui rend hommage à la famille Boyadjian. (communiqué)
Galerie du Jeu de Paume - site Sully Hôtel de Sully 62, rue Saint Antoine 75004 Paris
Du mardi au vendredi de 12h à 19h,
le samedi et dimanche de 10h à 19h.
Fermeture le lundi.
20 juin – 16 septembre 2007 Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente, en collaboration avec La Maison de la photographie de Moscou, une rétrospective de l’œuvre photographique d’Alexandre Rodtchenko (1891-1956), figure emblématique de l’avant-garde soviétique révolutionnaire.
Avec environ trois cents œuvres originales d’époque dont une trentaine de photomontages, cette exposition retrace le parcours exceptionnel d’un artiste qui abandonna en 1921 la peinture, considérée comme « périmée », au profit du photomontage puis de la photographie, médium qu’il considérait comme plus représentatif de la modernité. Il élabora un style photographique composé de contrastes, de perspectives, de lumière et de formes, de « raccourcis qui ne sont possibles ni en peinture, ni en dessin », avec pour seul dessein « d’effectuer une révolution dans notre pensée visuelle ». Il donna ainsi à l’histoire de la photographie des images célèbres, comme le Pionnier jouant de la trompette (1930), L’Escalier (1930), ou encore La Jeune Femme au Leica (1934).
L’exposition s’ouvrira sur une salle représentative des travaux de l’artiste avant son abandon de la peinture au profit de la photographie : quelques peintures fondamentales en provenance des collections publiques et privées russes ainsi que des mobiles et des constructions en bois empruntés à la famille de l’artiste, permettront de faire le lien entre son œuvre constructiviste, axée sur la ligne et la couleur pures et la structure de ses compositions photographiques. L’exposition s’articule ensuite autour de plusieurs thèmes : le photomontage, la photographie expérimentale, le portrait et le reportage, notamment sur les défilés sportifs et militaires, les grands travaux de « L’URSS en construction », les prises de vue de Moscou, et les dernières œuvres : paysages et photographies de cirque et du Bolchoï. (communiqué)
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 avenue du Président Wilson 75116 Paris Tél. : 01 53 67 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h les vendredis et samedis jusqu’à 20h (Pas de nocturne le mercredi.)
Autre point fort de l'exposition - et tout autant obscène -, les
photographies des exécutions, d'habitude prises par les bourreaux. La
plupart sont anonymes. Quelques-unes - en couleurs - sont l'oeuvre d'un
photographe professionnel au service de la propagande de la Wehrmacht,
Johannes Hähle. Les compositions "artistiques" de leur auteur sont
particulièrement effroyables.
Eija-Liisa Ahtila : une rétrospective du 22 janvier au 30 mars 2008
Eija-Liisa Ahtila est devenue, dès ses débuts dans les années 1990, l'une des figures majeures de "l'art vidéo". Elle réalise des films qu'elle qualifie elle-même de "drames humains", dans lesquels elle met en scène des personnages aux prises avec leurs émotions, avec leur entourage et un environnement instable. Ahtila travaille à rapprocher la vidéo du cinéma, auquel elle emprunte vocabulaire et techniques de tournage ; elle explore ainsi les différents registres disponibles (le film de fiction, de publicité, le documentaire...), joue avec les phénomènes perceptifs et interroge la capacité du récit à reproduire la réalité.
Le Jeu de Paume consacre à cette artiste finlandaise sa première rétrospective en France, avec une exposition qui couvre une grande partie de son travail, depuis le début des années 1990 jusqu'à aujourd'hui. On y découvre la plupart de ses films, mais également des séries de photographies, ainsi qu'un film inédit, produit avec la collaboration du Jeu de Paume. Pour l'occasion, Ahtila investit l'ensemble des espaces Concorde. (communiqué)
Galerie National du Jeu de Paume 1 place de la Concorde 75008 Paris Mardi de 12h à 21h Du mercredi au vendredi de 12h à19h Samedi et Dimanche de 10h à 19h Fermeture le lundi Tél. 01 47 03 12 50
Samedi 08 mars à 20h15 & dimanche 09 mars 2008 à 12h00
Quand il n’est pas enfermé, Tichý ne chôme
pas : marginal par choix, l’artiste crée entre 1955 et 1985 une œuvre
photographique très originale d’excellente qualité dans sa forme. Pour
son travail, il se sert – probablement pour des raisons économiques –
presque toujours d’un appareil qu’il bricole à partir de boîtes de
conserve, de verres de lunettes et de caisses en bois.
Photojournalisme: "Trop de people, pas assez de rêve"
"Nous sommes dans une période de grand questionnement. On se demande
comment on va continuer à exercer notre métier." Jean-Luc Luyssen, de
l'agence Gamma, est inquiet, comme beaucoup de ses confrères. Le
photojournalisme est confronté à une crise à la fois technologique,
économique et à une quête de sens.
Sur chaque événement, un passant prend des photos et les diffuse.
Magnum Photos, la coopérative fondée en 1947 autour d'Henri
Cartier-Bresson et Robert Capa, conserve son aura et son succès, mais
les grandes agences en "A" -Gamma, Sipa et Sygma- qui faisaient de
Paris la capitale du photojournalisme dans les années 70, ont perdu la
majorité de leurs effectifs et leur indépendance. Le reportage photo au
long cours fait moins recette que la photo people.
"La photographie, par son rapport direct au réel, est pour moi un formidable moyen d’expression et d’engagement. En adoptant un style documentaire, j’explore des thématiques sociologiques et écologiques qui me permettent de me positionner dans un rapport politique au monde. Mon regard se pose surtout sur le paysage contemporain et sur ses aspects conflictuels, emblématiques des évolutions d’une société de consommation en crise. Après avoir travaillé sur l’urbanisme, du modèle pavillonnaire aux villes nouvelles, je m’intéresse aujourd’hui davantage à l’environnement. Le constat est souvent amer, les sites en déperdition, mais j’utilise l’esthétique photographique pour transfigurer le sujet afin de susciter des émotions contradictoires chez le spectateur." Jürgen Nefzger - Extraits
Exposition du 20 juin au 11 août 2007 (fermé du 23/07 au 02/08 inclus)
image/imatge L'Imprimerie,
15 rue Aristide Briand, 64300 Orthez, t. : 05.59.69.41.12 info@image-imatge.org
Des photographies de propagande nazie provoquent un malaise
Une exposition de photographies, intitulée "Paris sous l'Occupation", présentée jusqu'au 1er juillet à la salle d'exposition de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 22 rue Malher, dans le 4e
arrondissement, provoque malaise et polémique. Il s'agit de deux cents
images en couleur, qu'André Zucca (1897-1973) a prises dans les rues,
les jardins et les gares du Paris occupé - certaines publiées dans le no 213 du Monde 2 (édition du samedi 15 mars).
"Une lumière diaphane et pailletée... Qui saura nous la rendre?
L’Arctique attend son peintre", écrivait Jean Malaurie (1). Il a sa
photographe, Lynn Davis. Jusqu’au 29 juillet Lynn Davis expose ses
images des icebergs de Disko Bay (Groenland - 69°N/52°O) à la Fondation Musée Thyssen-Bornemisza
de Madrid. Photographiés de 2000 à 2005, sont-ils encore immergés ?
Sûrement pas. C’étaient déjà de grandes natures mortes à la dérive. A
la porte du souvenir."
Henri Cartier-Bresson/Mario Giacomelli, Paul Strand/Gianni Berengo Gardin, William Klein/Mario Carrieri, Raymond Depardon/Carla Cerati, Ernst Haas/Luca Campigotto, Herbert List/Mimmo Jodice, Sebastião Salgado/Giorgia Fiorio, Roger Ressmeyer/Antonio Biasiucci, Joel Sternfeld/Gabriele Basilico, Martin Parr/Massimo Vitali
Exposition du 13 juin au 30 septembre 2007
Articulée autour de la notion de double interprétation, l'exposition rassemble une centaine de tirages, qui évoquent l'Italie d'hier et d'aujourd'hui à travers dix thématiques et autant de généreux dialogues d'artistes. "Italie, doubles visions" propose une série de confrontations, fortuites ou délibérées, de deux regards, sur un même lieu ou un même sujet, à des moments différents. L'exercice de ces croisements de regards révèle la singularité de l'écriture photographique de grands photographes italiens et internationaux.
Infos pratiques :
Maison Européenne de la photographie 5/7 rue de Fourcy 75004 Paris
L'oeuvre d'Alberto Garcia-Alix force à s'arrêter. Ses portraits et autoportraits plongent le spectateur dans la période exubérante de l'Espagne juste après la mort de Franco, en 1975. En 129 images, dont beaucoup de beaux tirages d'époque, on voit un photographe vivre sur le fil de la mort.
Christian Poveda, 54 ans, d'origine espagnole, a publié des reportages,
en particulier sur l'Amérique latine, dans de nombreux journaux et
magazines, notamment El Pais, Le Monde, New York Times, Paris Match ou Stern. Ses documentaires ont été diffusés par plusieurs télévisions dans le monde et présentés dans...Suite
La commissaire de l'exposition (jusqu'au 6 janvier 2008), Cynthia
Young, explique que l'idée a été de rassembler tous les documents en
possession de l'ICP. Pour qu'on arrête de les accuser d'en cacher ! Car
un débat oppose ceux qui pensent que cette icône est un instantané et
ceux qui sont persuadés que Capa l'a mise en scène. Le dossier complet
est proposé au public afin qu'il puisse, après des années de polémique,
se faire une opinion.
Une
photographe est née, elle s'appelle Gerda Taro. L'acte de naissance est
fourni par l'International Center of Photography (ICP) de New York, qui
expose enfin le travail de cette Allemande, première femme photographe
morte sur un champ de bataille : écrasée par un char durant la guerre
d'Espagne, en 1937. A l'âge de 26 ans.
Joint au téléphone, Oliviero Toscani soupire :
«C’est terrible, ce qui est en train de se passer. Isabelle est en
train de devenir une starlette. Les médias sont en train de la
glorifier, donc, indirectement, de glorifier l’anorexie. Exactement le
contraire que ce que je voulais faire avec cette campagne…»
Depuis quelques jours, Christian Poveda était préoccupé. La Vida Loca
avait été piraté et des centaines d’exemplaires de son film étaient
vendus à San Salvador pour 1 dollar le DVD. Au point que le
documentaire était en train de devenir un des principaux sujets de
conversation de la rue. « Il m’en avait parlé, dit Alain Mingan, mais il n’était pas inquiet. Au contraire. Il était heureux et impatient de le voir dans les salles de cinéma. »...suite
Exposition présentée au Jeu de Paume, site Concorde Du 9 octobre au 30 décembre 2007
Cette exposition est la première rétrospective en Europe de l'œuvre d'Edward Steichen, organisée à partir de 400 photographies d'époque (vintages). Esprit curieux et inventif, Edward Steichen (1879-1973) est l'un des photographes les plus prolifiques et influents de l'histoire de la photographie au XXe siècle. Cet américain d'origine luxembourgeoise co-fonde avec Alfred Stieglitz en 1902 le groupe Photo Secession, et participe activement à la revue Camera Work. Il est à la fois peintre et photographe. Comme photographe, il réalise des portraits, des paysages, des natures mortes, des nus ; il exerce ses talents dans la photographie de mode, de danse, de théâtre, de fleurs, dans la publicité, ainsi que dans la photographie de guerre et la photographie aérienne. Aucun genre, semble-t-il, n'échappe à son œil novateur. Graphisme, typographie, direction artistique offrent aussi un terrain fertile à sa créativité. Condé Nast, séduit par ses photographies pictorialistes, lui confie en 1923 la direction artistique de Vogue et de Vanity Fair. Il sera aussi conservateur de la photographie au MoMA. La célèbre exposition qu'il y organise, The Family of Man, circule à partir de 1955, et touche environ dix millions de visiteurs à travers le monde. Ce sera le couronnement de sa carrière. (communiqué)
Informations pratiques :
Adresse, horaires et tarifs, site Concorde Jeu de Paume 1, place de la Concorde 75008 Paris 01 47 03 12 50
Horaires : Mardi (nocturne) : 12h à 21h Mercredi à vendredi : 12h à 19h Samedi et dimanche : 10h à 18h
La photographie s'est d'abord imposée au XIXe siècle par le
portrait. Portraits flatteurs d'importants messieurs et de belles
dames, mais aussi et surtout, on a tendance à l'oublier, portraits
d'identité sans fard de criminels et de déments que la police et la
psychiatrie travaillaient, par superposition, à classer par types, afin
de les mieux reconnaître et diagnostiquer. Les portraits de Baudelaire
par Nadar, ami dont le poète redoutait l'objectif, tiennent à la fois
du portrait mondain et du portrait de fou.
De l'histoire de la peinture et de la sculpture de portraits, on a
tendance à retenir les éloges de la beauté physique ou de la dignité
morale et sociale de leurs modèles. La Joconde
résume cette famille nombreuse. D'où le succès universel de cette icône
occidentale. Mais on oublie que Léonard a été un caricaturiste aussi
terrible que Jérôme Bosch, s'ingéniant à des déformations monstrueuses,
sous animales, des traits humains. Sans aller aussi loin, la
physiognomonie du naturaliste Giacomo della Porta au XVIe siècle,
l'expression des passions et des caractères du peintre Charles Le Brun
au XVIIe, la "science" de Lavater au XVIIIe siècle et celle de Lumbroso
au XIXe, ont chacune établi une sorte de gamme des traits du visage
embellis ou déformés par l'émotion, humanisés ou animalisés par la
passion. Hogarth, Goya, Füssli ont joué d'une telle gamme non seulement
pour révéler le comique de la face humaine, mais aussi la terreur et
l'horreur qu'elle peut inspirer. En pleine ère néo-classique éprise de
profils grecs, le sculpteur autrichien Messerschmidt a modelé et coulé
dans le bronze une série d'autoportraits au miroir, où son propre
visage, tordu et défiguré par la souffrance ou par la folie, "perd"
littéralement "la face", comme le portrait du pape Innocent X de
Velasquez tant de fois défiguré par Francis Bacon,
Au XVIIe siècle, anticipant Messerschmidt, le Bernin a sculpté les
traits d'un damné si violemment torturé par la douleur et la folie
qu'il n'a presque plus de visage. Pratiquée par des moines français que
hantait la dissemblance de l'homme tombé d'avec l'image que s'en était
faite son Créateur, la science optique et catoptrique du XVIIe siècle,
grand-mère de la technique photographique, a exploré cette effrayante
et infinie plasticité de la face humaine. Leurs anamorphoses offrent à
plat, au regard, une tache étirée, inquiétante et indéchiffrable.
Reflétée et redressée au point voulu sur un miroir cylindrique, cette
larve répugnante se recompose et se transfigure dans le portrait du roi
Louis XIII ou du cardinal de Richelieu.
L'antithèse entre le portrait-éloge et le portrait-caricature est donc
portée par l'optique des anamorphoses jusqu'à l'impitoyable compas
théologique de la création, de la chute, et de la rédemption, révélant,
en même temps que l'insondable capacité d'erreur de nos perceptions,
l'abîme qui sépare la face humaine, créée "à l'image et ressemblance"
de Dieu, de ses défigurations vertigineuses sous l'empire du péché et
de la damnation.
La photographie s'en est tenue jusqu'ici, et jusqu'à plus soif, à
l'antithèse facile entre le portrait-éloge, glamorous, et les
portraits-caricatures qui inspirent dégoût, effroi, indignation ou
compassion. Né Chinois et Français par choix, Choi introduit
aujourd'hui dans la photographie à la fois l'autoportrait halluciné du
sculpteur du XVIIIe siècle Messerschmidt et la métaphysique des
anamorphoses pratiquée au XVIIe par les moines opticiens français. Il y
a du sorcier chez Choi, dont tous les grands professionnels de la
photographie à Paris connaissent les talents de technicien. Comment s'y
prend-t-il pour obéir photographiquement au commandement de Pascal :
"Il faut aller jusqu'à l'horreur quand on se connaît " ? Le fait est
que les défigurations vertigineuses qu'il a su fixer de son propre
visage plongent ses traits dans les abîmes tour à tour de la folie, de
la souffrance surhumaine, de la férocité sous-animale, voyage infernal
dont le point de départ et le point d'arrivée est le profil pur et au
repos d'un Bouddha aux yeux bridés.
Jean-François Leroy :
Je suis navré de ce qui arrive à Gamma, mais il faut que les choses
soient claires : il n'y a pas de crise du photo-journalisme. Si les
journaux faisaient leur boulot plutôt que de nous montrer la mort de Michael Jackson
et le mariage de Chouchou et Loulou – dont les droits ont été payés une
fortune –, on n'en serait pas là. Quand c'est pour publier des photos
de la nouvelle coiffure de Carla, les photographes ont plein
d'opportunités. Si les journaux avaient acheté à un prix correct les
reportages de Gamma, on n'en serait pas là. Lire la suite
Larry Clark "Tulsa, 1963-1971" Maison Européenne de la Photographie 10 octobre 2007 - 6 janvier 2008
L'enfance de Larry Clark et surtout sa prime adolescence sont profondément marquées par une vie familiale difficile. Son premier contact avec la photographie est lié à l'activité professionnelle de sa mère, qui fait du porte-à-porte pour proposer de photographier les nouveaux-nés. Larry Clark, alors âgé de 14 ans, accompagne sa mère dans ses tournées et l'assiste. En 1961, pour s'éloigner de sa famille, il s'inscrit à la Layton School of Art de Milwaukee (Wisconsin). Il découvre les photographies de W.Eugene Smith dans le magazine Life et s'intéresse à la possibilité de raconter des récits par le biais de la photographie. En 1962, de retour dans sa ville natale, il photographie ses amis, de jeunes marginaux au parcours erratique. "Des photographies interdites, des photos qu'on n'était pas censé faire, d'une vie qui n'était pas censée avoir lieu". Larry Clark fait état, sans aucune concession, de la dérive d'une certaine jeunesse américaine perdue entre drogue, sexe et violence. Recueillies dans un ouvrage intitulé Tulsa, publié par Ralph Gibson aux éditions Lustrum Press, ces photographies sont à la fois un journal intime et un document rare sur l'ennui et la misère de l'Amérique profonde. Publié en 1971, Tulsa a fait scandale auprès de la scène artistique, mais reste un ouvrage de référence pour bon nombre de jeunes photographes contemporains. (Communiqué)
Maison Européenne de la Photographie voir le site 5/7 rue de Fourcy - 75004 Paris
Tél : (33) 1 44 78 75 00 Fax: (33) 1 44 78 75 15
Métro: Saint Paul ou Pont Marie. Horaires
Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés. Accès à la billetterie jusqu'à 19 heures 30.
Dès 1940, la propagande se met à l’œuvre. Les images doivent prouver
l’immense respect des occupants pour les chefs-d’œuvre éternels. Sur
les images de la réouverture du Louvre en 1941, on peut voir les plus
grands «humanistes» du Reich, dont Herbert von Karajan, droits dans les
bottes de l’art. ... suite
Ce sont ces trois photos, prises avec un Minox, que l’avocat Serge Klarsfeld, le fondateur de l’association des fils et filles des déportés juifs de France, a dévoilé mercredi à Paris. Des photos totalement inédites : jusqu’à ce jour, il n’existait aucune image d’exécutions collectives au mont Valérien. C’est ici que 1 007 personnes, dont 174 juifs, ont été fusillées par les nazis. Soit vraisemblablement le quart du total des exécutions en France durant la Seconde Guerre mondiale....suite
Réalisée à l'été 2005 dans l'une des antiques salles d'arcade parisienne (fermée depuis), à l'angle de la rue Rambuteau et de la rue Saint Denis, cette série frappe par la tension qui se dégage des joueurs. En captant leur concentration, on devine leur combat. Dès le départ, Hermine avait posé par écrit les images qu'elle voulait, son intention était claire. Placée derrière la machine, deux jours lui ont donc suffi, pour faire cette série de portraits.
CONFÉRENCE DE
Louise Poissant
L’Image numérique : quelques effets
Cinquante ans après Walter Benjamin, j’aimerais reprendre la
question qu’il formulait à propos de la photographie, et examiner non
pas en quoi l’art numérique est art, mais plutôt ce qu’il change dans
notre façon de concevoir et de pratiquer l’art.
Exposition présentée à l'Hôtel de Sully du 18 septembre au 18 novembre 2007
Cette exposition est réalisée à partir des archives de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Donation Roger Parry), des archives des Èditions Gallimard et d'œuvres provenant de collections publiques et privées.
Cette exposition porte un nouveau regard sur l'œuvre de Roger Parry dont les différentes étapes ont pour dénominateur commun le monde de l'édition.
C'est à travers cet axe que l'on peut comprendre l'évolution de sa pratique photographique. Roger Parry est connu pour son travail réalisé entre 1929 et 1932. C'est à cette période qu'il fait la connaissance de Maurice Tabard auprès duquel il découvre les richesses créatives de la photographie. Ces expérimentations qui associent prise de vue directe et manipulation à la chambre noire donneront jour aux illustrations publiées dans Banalité de Léon Paul Fargue pour lesquelles il sera reconnu de ses pairs. De Banalité à Tahiti, illustrateur aux éditions de la NRF ou collaborateur d'André Malraux, Roger Parry jonglera entre l'art de voir et de faire voir. Véritable scénographe, il ne cessera de mettre en scène sa production photographique.
L'exposition composée de 200 épreuves originales, dessins, livres, maquettes de livres, films et documents se construit autour de quatre axes principaux : — la fulgurante apparition de Roger Parry sur la scène photographique — la littérature mise en scène (années 1930) — l'orientation documentaire / Roger Parry et le dessin — les écrits sur l'art : la reproduction de l'œuvre et la mise en page
(communiqué)
Informations pratiques :
Hôtel de Sully 62, rue Saint-Antoine 75004 Paris 01 42 74 47 75 Horaires Mardi à vendredi : 12h à 19h Samedi et dimanche : 10h à 19h Fermeture le lundi
Fermeture le 25 décembre, le 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et le 11 novembre
A l'époque, les conditions de prise de vue sur le terrain sont
périlleuses. Mais rien ne peut battre, aux yeux des géographes, la
précision et le caractère "objectif" de la photographie. Un appel aux
sociétaires est donc lancé dans les années 1880 pour constituer une
collection. "Aujourd'hui,explique Olivier Loiseaux, conservateur à la BNF et commissaire de l'exposition, le fonds renferme100 000 photographies et 45 000 plaques de verre."
éfiez-vous
des photographies. Surtout quand elles sont bonnes. Le portrait qui
illustre cette page est celui d'un homme aussi fracassé qu'un tableau
de Francis Bacon. Les cheveux sont coupés comme ceux d'un gamin, mais
le reste... Le genre de portrait qu'on aime découvrir dans un livre ou
au mur, mais qu'on ne veut pas voir de soi.
Écrans de contact
Dans un site de photographies, un espace pour les photographes.
Artistes, auteurs, reporters, Écrans de contact
s'adresse à tous ceux qui souhaitent partager, diffuser leurs travaux.
Cette page a vocation à créer du lien entre les photographes et les
différents acteurs du monde des images. Seul critère de sélection,
l'originalité, la cohérence de la démarche.
Une interface fluide, sobre et gratuite pour mettre en valeur vos
idées, vos images.
Écrans de contact est ouvert…
Introduit dans ces sanctuaires de l'automobile que sont les usines de Ferrari (Maranello), de son partenaire Fontana Pietro (Lecco) et de Pininfarina (Turin), Alain Fleischer a photographié les matrices originelles de la carrosserie et du moteur du dernier modèle, la "599". Le moule est ici comme le négatif en photographie, c'est l'empreinte invisible qui permet de faire surgir les formes ; apparaissent ainsi des sculptures abstraites, ou des maquettes d'urbanisme. Depuis longtemps déjà, Alain Fleischer s'intéresse aux diverses modalités de déplacement, de report, de projection, de reflet, d'empreinte, et pour tout dire, de transfert des formes capables d'être déchiffrées comme des générateurs de récits. (communiqué)
Exposition du 14 mars au 3 juin 2007
Maison Européenne de la Photographie 5/7 rue de Fourcy 75004 Paris
01 44 78 75 00
Horaires : Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés. Accès à la billetterie jusqu'à 19 heures 30.
BRUCE DAVIDSON
Time of Change
100e rue
du 17 janvier au 22 avril 2007
Bruce Davidson, né à Chicago en 1933, membre de
Magnum Photos, a produit en un demi-siècle une oeuvre unanimement
célébrée pour sa puissance formelle, sa dimension sociale et politique,
et sa profonde humanité. La Fondation Henri Cartier-Bresson présente
aujourd’hui deux essais emblématiques de son travail : « Time of Change
» et « 100e rue ». L’exposition rassemble une centaine de photographies
noir et blanc sélectionnées par l’auteur avec Agnès Sire, directrice de
la Fondation HCB, ainsi que quelques vintages de la série « 100e rue »
publiés à l’époque dans la revue DU. Les tirages modernes ont été
réalisés à New York par Bruce Davidson. La plupart de ces images n’ont
jamais été montrées en France.
Fondation HCB Heures d’ouverture au public
Du mardi au dimanchede 13h00 à 18h30
Le samedi de 11h00 à 18h45
Nocturne le mercredi jusqu’à 20h30
Fermé lundi et jours fériés
Ferméentre les expositions
"La photo a un euro, c'est l'horreur. Il y a un vrai
risque pour le modèle économique des agences photos déjà très fragiles
avec l'arrivée de ces nouveaux concurrents", réagit Béatrice Garrette, directrice générale de Sipa Press. Et d'ajouter :
"Nous faisons un travail de journaliste, même lorsque nous faisons de
la "récup" de documents d'amateurs nous donnons du sens à cette matière
première. La pression sur les prix pourrait entraîner un
appauvrissement dans la chaîne de valeur de création de l'information."
‘‘Memento Mori’’ Exposition a la MEP du 14 Mars au 03 Juin 2007
Attaché à la mémoire, Edouard de Pazzi intitule cet ensemble, Memento Mori, allusion à cette conscience intime, archaïque de l’éphémère ainsi qu’aux représentations picturales symboliques de notre condition de mortels que les historiens de l’art appellent les “Vanités”. Au-delà de l’image, la photographie est pour Edouard de’Pazzi un moyen de matérialiser la frontière entre le monde des songes et celui de la réalité, de concrétiser les visions fantasmagoriques de son auteur : “Photographier est pour moi avant tout un acte contemplatif. Je ne considère pas ou plus la photographie comme une fin en soi. Elle est un trait d’union entre l’idée et sa représentation.” (Communiqué)
Maison Européenne de la Photographie 5/7 rue de Fourcy 75004 Paris Téléphone: 01 44 78 75 00 Télécopie : 01 44 78 75 15 www.mep-fr.org
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h45 Fermé les lundi, mardi et jours fériés.
The Athens Effect L’image photographique dans l’art contemporain
Ces récits photographiques sont le fruit d’un ancrage territorial, le résultat d’une interprétation des formidables mutations culturelles, sociales et urbaines à l’œuvre actuellement dans la capitale hellénique. Athènes, dans le contexte mouvant qui est le sien, produirait un effet singulier sur la création photographique, en en faisant l’instrument privilégié de l’expression de récits intimes ou sociaux, de fictions politiques ou personnelles. Elle constitue un matériau brut, le point de départ d’une « réinvention » du réel, les artistes s’éloignant de la fonction d’enregistrement du réel et de l’instant, initialement assignée à la photographie.
(communiqué)
Exposition du 13 juin 2 septembre 2007
Maison Européenne de la Photographie 5/7 rue de Fourcy 75004 Paris
La série "Collateral" s'intéresse à la guerre en Irak. Elle figure des
portraits sanglants des victimes du conflit, projetés sur les murs
d'églises ou de supermarchés américains avant d'être photographiés. Le
résultat ressemble à des photogrammes extraits des pires films
d'horreur. Deux écrans encadrent cette série. Chacun projette un film
vidéo habité par le 11 septembre 2001 et par la guerre en Irak.
M. Bourges a pointé du doigt l'Internet nouvelle génération, le Web 2.0, qui "met en avant des "contenus" offerts par les internautes". Il y voit une de "ces pratiques qui révèlent une volonté sourde, tacite, mais profonde, de développer de manière croissante des médias sans journalistes". x lire la suite dans Le Monde
Comment appréciez-vous le travail des reporters ? Evacuons la question du risque pris sur le terrain puisqu'ils l'assument. Je n'aimerais pas être dans leur peau, car leur position est extrêmement ambiguë. Ils sont à la fois dans l'événement et en dehors. Leur implication est éphémère. Ils sont a priori solidaires des victimes et de la détresse humaine mais leur place naturelle est de l'autre côté, avec ceux qui regardent et laissent faire. Ils sont irresponsables au sens où ils n'interviennent pas. Leur irresponsabilité est proche de celle du consommateur des photos. Ils tendent aux victimes le miroir de leur détresse avant d'envoyer l'image de l'" autre côté " pour être commercialisée et consommée. Lire la suite dans Le Monde...