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La chambre claire

Rue Saint Sulpice, au milieu des devantures de magasins chics, se cache un petit trésor : La Chambre Claire. Fondée en 1980 par Monsieur Zahar, cette librairie, aux allures d’atelier de peintre, est entièrement consacrée à la photographie. « À l’époque il n’en existait aucune », confie-t-il.
Essais théoriques, livres techniques, catalogues, revues et, évidemment, livres de photos se chevauchent au point qu’on ne sait plus où donner de la tête. L’escalier en colimaçon devient présentoir, la table centrale sert d’abri aux cartons pleins. Les amateurs s’enivrent, les curieux sont repus et les badauds enchantés. Quant aux habitués, des professionnels et des collectionneurs, ils viennent là comme on irait prendre un café, saluent Jensen, le libraire, d’une franche poignée de main et ressortent le sac plein.
Aux commandes du lieu depuis 1986, Jensen connaît sa boutique par cœur. « Tout est dans la tête », lance-t-il, l’air malicieux. Véritable mine de connaissances, l’œil gai et le sourire jamais très loin, il est toujours prêt à bavarder, à commenter et à conseiller. Car si La Chambre Claire est d’abord une boutique, elle n’en est pas moins un lieu de rencontre et d’échange autour de la photographie et du livre. Six fois par an, le propriétaire, Monsieur Zahar, programme des expositions dans la petite galerie du sous-sol. En parallèle, il organise également des « signatures » à l’occasion de la sortie du livre d’un photographe. Autant d’invitations à rencontrer, à s’émouvoir, à dialoguer et à voir.

Rym Nassef

La Chambre Claire
14, rue saint Sulpice
75 006 paris
Métro : Odéon
Tél. 01 46 34 04 31
www.la-chambre-claire.fr/
mail : lachambreclaire@wanadoo.fr

Deux questions à M. Zahar propriétaire et gérant 

Comment procédez-vous au choix des photographes que vous exposez dans la galerie ?
Je m’intéresse uniquement aux photographes de métier, ceux dont le travail est d’informer. À l’origine, les photographes sont des journalistes, des documentalistes. C’est le contenu qui les fait courir. Leur travail n’est pas pour autant dénué de recherche esthétique, mais elle vient en complément, en second plan. Évidemment, au fil des années, ces photographes ont aussi une démarche personnelle, et pratiquent certains genres photographiques, comme le nu, le portrait, le paysage, où se manifeste davantage la recherche esthétique. Mais malgré tout elle n’est pas centrale. En fait, je laisse de côté les photographes plasticiens. Généralement ils se considèrent comme des artistes et utilisent la photographie comme un moyen d’ex-pression parmi d’autres. Ensuite lorsque j’ai à choisir entre plusieurs photographes, je me fie uniquement à mon instinct, à mes gouts choi-

sis ce qui me plaît, me fait vibrer. Mais jessaie toujours davoir un livre à lappui, de provoquer la rencontre entre le livre et  la photographie.

 

Larrivée dInternet a-t-elle changé le fonctionnement de La Chambre Claire ?

L’apparition d’Internet a eu pour premier effet de réduire le stock des ouvrages étrangers. Les gens n’ont plus besoin de La Chambre Claire pour commander. Ils entrent directement en contact avec les éditeurs étrangers et s’arrangent avec eux. Notre rôle d’intermédiaire tend à disparaître. La nature de la vente en magasin a aussi changé. Les gens sont davantage informés. Aujourd’hui, ils demandent plus aisément des avis. Ils veulent être orientés. Le libraire endosse cette nouvelle fonction de conseiller. Aujourd’hui, pour offrir un nouvel attrait à ses clients. La Chambre Claire explore du côté des livres rares, épuisés ou à tirage limité.

Rym Nassef

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