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La photographie plasticienne
Un art paradoxal 
 
Dominique Baqué

Éditions Regard - Distribution Seuil
 
 
Ancienne élève de l’ENS, universitaire et agrégée de Philosophie, Dominique Baqué est l’auteur de nombreux textes portant sur la question de l’image en général, et de la photographie en particulier. Écrivain, elle a notamment publié un essai sur Maurice Tabard (Belfond), les Documents de la modernité (Jacqueline Chambon) La photographie plasticienne : un art paradoxal (Éditions du Regard) et Mauvais Genre(s) (Éditions du Regard). Journaliste, elle signe chaque mois la chronique « Photographie » de la revue Art Press.
       L’ouvrage de Dominique Baqué nous plonge dans l’histoire de la photographie plasticienne : à travers des reproductions d’artistes, elle décrit son évolution dans l’art depuis les années 1970.
       Le début du Happening, de l’Event, du Land Art, de l’expressionnisme brutal des Viennois, puis du remaniement ontologique du médium photographique, sont autant de remises en cause des principes même de l’art. « Châteaux d’eau froidement répertoriés, paysages d’où tout lyrisme de la nature, toute poétique urbaine sont exclus, visages devenus faces : nul punctum autour duquel nouer le désir, nul imaginaire possible. L’image se tait. Force des choses ? ».
       Principe de l’art conceptuel, l’œuvre est auto-référentielle, auto-réfléchie, l’œuvre s’auto-commente.
       Dominique Baqué insiste sur l’importance de sa légitimité théorique, Walter Benjamin, Gisèle Freund, Suzanne Sontag, Roland Barthes sont autant d’auteurs qui ont posé les fondations de cette approche artistique et de ces expressions.
       La photographie plasticienne amorce la fin du leurre référentielle. Elle soulève des interrogations nouvelles sur les oppositions entre artistes utilisant la photographie et les photographes purs, entre la photographie de reportage, la photographie créative (Lemagny) et la photographie plasticienne. L’auteur met en exergue la démarche de quelques artistes ainsi que le décloisonnement généralisé des pratiques, le métissage des médias et l’esthétique collagiste aujourd’hui exténuée.
       À l’heure de la consécration muséale et de la reconnaissance du public de la photographie plasticienne, cet ouvrage offre un éclairage précieux. 
      On est impatient de découvrir le deuxième tome, dans lequel Dominique Baqué approfondit cette étude et il est certain qu’elle ne pourra que contenter notre curiosité.

L. S.

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