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Hasselblad CFV-50c-503CW 

Tester le très jeune CFV-50c  C-MOS (premier capteur C-MOS pour moyen format) avec un ancien boîtier de la mythique série 500 de Hasselblad est un beau défi.
Défi, car appréhender le 503CW et le dos CFV-50c quelques jours aprés avoir fini le test d’un appareil "Mirror less" oblige à une forte réadaptation pour retrouver les réflexes d’il y a 20 ans. Pour cette prise en mains nous  nous sommes concentrés sur la chromie, la résolution, la sensibilité et une surprise !

La Compatibilité
La première question qu’on se pose en voyant ce dos ultramoderne, est, comment un boîtier totalement mécanique, conçu avant même qu’on sache marcher sur la lune peut recevoir un dos C-MOS purement électronique ? Pas de câble synchro, pas de contact électrique… Alors comment font ils pour faire cohabiter ce couple issu des milieux si différents et avec un tel écart d’age. Voir
C’est en démontant le dos que l’on voit un petit ergot couplé au déclencheur, cette pièce servait à détecter le volet arrière et débloquer le compteur de vues des dos argentique. C’est grâce à cette petite pièce que les techniciens de Hasselblad ont pu établir le contact. Sur le dos on voit la partie femelle qui reçoit l’ergot et qui active l’électronique du capteur, lequel possède différents temps d’obturations électroniques, ces temps sont toujours plus longs que le temps d’obturation mécanique, couvrant ainsi toutes les vitesses d’obturation. Bravo! 

Le dos
C’est du Blad, cette expression fait partie du jargon des photographes et partenaires travaillant avec du moyen format. Sur le CFV-50c on retrouve la même solidité mécanique, les mêmes chromes et formes, la volonté d’intégrer parfaitement ce dos au système Hasselblad traditionnel fait plaisir, car Hasselblad aurait pu choisir le polycarbonate ou une autre matière moulable pour faire la coque de ce dos.
Les commandes et l’écran de contrôle et visualisation sont très ergonomiques, les sensibilités ISO, le formatage, la navigation…etc, sont parfaitement accessibles et bien visibles.

Le capteur
Cette pièce maîtresse de 32,9x43,8mm avec 50Mp protégé par un beau coffre, est un capteur Sony C-MOS avec une taille de pixel de 5,3µ. Ce capteur, premier C-MOS pour moyen format, (secteur dominé par la technologie CCD jusqu’à 2014) a bousculé bien de choses.
Hasselblad annonce une gamme de sensibilités allant de 100 à 6400Iso avec une profondeur d’analyse de 16Bits.
Voila, les choses sont dites et pour la suite de ce test pratique nous essayerons de voir au mieux la qualité d’image à des sensibilités très élevés pour du moyen format, le tout couplé au Planar CFE-80mm f/2,8 qui devient un petit télé de 110mm environ par rapport à la diagonale du format.

Le saut dans le temps
Puisque ce boitier permet un retour vers le futur, nous nous sommes démandé s'il ne permettrait pas un retour vers le passé et tant qu'à faire aux origines de la photographie.

Sténopé²
Vu que le dos a son propre obturateur, il suffit de retirer l’objectif et placer un cache couvrant le diamètre de la baïonnette du boîtier avec un orifice d’un tiers de millimètre en son centre et voila, l’origine de la photographie avec un 50Mp s’offre à nous. Bien entendu le diamètre de l’orifice, l’épaisseur du support et la qualité de la réalisation sont très importants pour obtenir la meilleure image. Nous n’avions pas le temps de faire précis et ce avec une simple aiguille que nous avons percé un petit trou mais de diamètre inconnu.
Pour ceux qui voudraient mieux faire, voici deux sites qui donnent les calculs repondant aux lois.   
M Boussat et M Jimenez
²On attribue l'invention de la chambre noire à Ibn al-Haytham, scientifique arabe et père de l'optique moderne. Bien que cela ne soit pas formellement établi, il est possible que la première photographie (Joseph Nicéphore Niépce) ait été prise avec un sténopé1. WIKIPEDIA
 

 

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Cette image à 3200iso montre la magie du sténopé, même si l’orifice est un peu large et produit un flou trop prononcé.
Ci-dessous des images obtenues avec un trou de diamètre inférieur montrent une plus grande finesse. À 6400iso le rendu est encore très riche en nuances et le grain présent ne ressemble en rien à du bruit numérique.
   


             6400iso


6400iso            Cliquez sur les images

 

 
Voila c’est fait, des siècles en arrière avec 6400 Iso, c’est la première fois que nous faisons du sténopé et sommes séduits par le rendu et la simplicité de la mise en œuvre sur ce vieux Blad.
Bon ! fini le flou artistique, nous passons aux choses sérieuses.

La sensibilité
Les dos moyen format sont reconnus par leurs capacités en nuances, rendus des couleurs et résolution, même les capteurs 20Mp d' il y a 10 ans étaient recherchés par leur signature.
Par contre au niveau de la sensibilité la technologie CCD ne permettait pas d'aller  au-delà de 800-1200Iso, avec le CFV-50c les choses ont changé et 6400iso sont annoncés fièrement par Hasselblad.
 
Les images couramment présentées pour illustrer la dégradation selon les Iso ne sont pas très parlantes car très différentes d’un test à l’autre, et aussi parce que très souvent elles sont réalisées dans des conditions idéales (lumière équilibrée, flash de studio….
Pour faire la part des choses, voici le même test que nous avons fait pour le Sony A7Rll c’est à dire ; ambiance normale avec lumière naturelle et nos mires posées au bon endroit pour permettre une lecture fiable de la dégradation selon le gain  Iso.
 


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Sur cette série on voit toutes les sensibilités Iso proposées par ce dos sauf les 200Iso car pratiquement identique au 100. Avec ces mires l’idée est que la lecture de la phrase ( sur fond rose et vert) nous permet de trouver une limite intelligible et incontestable de la dégradation selon les Iso.
La qualité est remarquable et même à 6400Iso tout est là, même si les mots ne sont plus lus, on perçoit leurs présences.
Pour donner une idée de la performance, nous avons fait la même image avec le A7Rll et un Leica elmarit 90mmf/2,8 à 5,6.
Ci-dessous deux couples d’images A7Rll-CFV-50c à 400 et 6400Iso

A7Rll vs CFV-50c 


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À la lecture de ces deux couples d’images, on voit qu’à 400Iso les rendus sont déjà différents mais ils se tiennent, normal puisque le 42Mp du A7Rll est un des capteurs les plus performants en 24x36. Mais quand on analyse le couple à 6400Iso on ne discute plus, et on confirme ce que nous disions sur le test du A7Rll ; LES FABRICANTS ABUSENT DE LA NORME ISO !
Bravo au techniciens de Hasselblad d’avoir bloqué le compteur à temps.

Pour aller plus loin et terminer avec la sensibilité, nous présentons encore un couple d’images, avec des sujets réels photographiés dans des conditions identiques.
Toujours à 6400 Iso ces images sont encore plus explicites, la mire montre un point de rupture sur la quantité d’informations restituées par l’image, ici c’est la notion de rendu esthétique qui est mis en évidence.
Pour résumer on peut dire, que le capteur 24x36 Sony A7Rll  fournit une bonne image à 6400 IE, et que le  Hasselblad CFV-50c produit une très bonne image à 6400 Iso
Pour en savoir plus sur les EI cliquez ici    ou et ici.
 


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La résolution 
Sur ce point nous ne dirons pas grand-chose, quoi dire si non que, même avec un objectif conçu dans des temps immémoriaux, la finesse des détails est là. Sur l’image ci-dessous à 800Iso on voit que Résolution-Saturation-Modulation, sont réunis de belle manière.
  


                    800 Iso                                                                                         Cliquez sur l'image 

 
Prises de vues
Les fenêtres à 100 Iso montrent deux choses, dans le contre-jour on voit la belle tenue du Planar face au flare et aussi les superbes nuances dans les tons clairs. Bravo ! L’autre image à l’infini donne à voir une belle palette des nuances et une très grande finesse de détails.
Les feuilles à 400 et 800Iso débordent de finesse et saturation, et tout en bas les tons froids et le mélange de lumières à 400 et 800Iso sont bien modelées et justes en chromie.
 


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Studio
Le travail en mode connecté c’est n’est pas courant dans notre pratique, heureusement Phocus 2.8.4 dialogue automatiquement avec les dos et permet rapidement de voir apparaître la prévisualisation.
C’est en connecté que nous avons fait les prises de vues des mires et cette nature morte avec 30s de temps de pose. La loupe avec histogramme d’acuité est très utile pour faire une Map parfaite, ici avec le Planar CFE-80mm f/2,8 à f5,6-8 on obtient un beau piqué mais il est en deçà des résultats obtenu avec des optiques modernes. L’image ci-dessous représente une situation de prises de vues d’objets et de portraits.
 


100 Iso 30s de pose                                                                                           Cliquez sur l'image 

Le CFV-50c permet des poses allant jusqu’à 12 minutes, c’est-à-dire la Grotte de Lascaux à f/16. En pratique courrante 30s c’est déjà une très longue pose. Sur cette image le rendu vient confirmer tout ce qu’a était dit, et aucune perturbation comme le bruit ou les dérives des couleurs ne viennent nuire aux performances de ce dos.

Conclusion
Le moyen et le grand format sont les secteurs le plus touchés par l'absence des capteurs aux dimensions du format d'image d'origine des appareils. Le moyen format a du  s'adapter à l'offre des capteurs CCD existants pour d'autres secteurs de l'imagerie numérique (industrie, astronomie, recherche...) Grace aux progres de l'industrie dans la conception et la gravure des C-MOS, Sony  est le premier fabricant à proposer un capteur moyen format et Hasselblad a su l'intégrer avec son savoir faire à toute la gamme d'appareils produits depuis plus de 40ans.

Comme on a pu voir dans ce test, la taille du capteur et la profondeur d’analyse sont déterminantes et offrent un vrai plus, visible dans les images. Le fait d’avoir comparé des dizaines d’images avec le Sony A7Rll et son capteur BSI couplé aux meilleures optiques comme le Otus 55mm f/1,4, nous permet de dire que ce dos surclasse le 24x36 dans tous les domaines, par contre au niveau de la résolution grâce aux optiques modernes le A7Rll reste dans la course aux sensibilités iso nominales.
Si l’industrie permet un jour la production des capteurs 4,5x6cm en technologie BSI on serait au summum et terminus de la technologie C-MOS-Bayer.
En attendant nous avons déjà un excellent outil.

Nos remerciements à Fabrice Michaux du Moyen Format et à Frank Bernard de Hasselblad France pour le prêt du matériel.


Tin Cuadra
  

 

   

 

  

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

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