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               Zeiss Milvus 85mm f/1,4 Planar
  

 

 
Le nouveaux Milvus 85mm f/1,4 de Zeiss s’inscrit dans une longue tradition de "petit télé" à grande ouverture de la marque. Dans les courbes FTM ci-dessus on a un aperçu de l’évolution et particularités de ces objectifs. Le Milvus 85mm se situe selon le FTM à mi-chemin entre le Planar f/1,4 et le Otus en résolution et contraste,  mais présente un décrochage très rapide à partir de 18mm du centre et l'on voit descendre les courbes  plus rapidement que sur les autres formules.
C’est sur cette particularité que nous nous attarderons pour voir l’incidence sur des capteurs 36Mp et 42Mp
 

 

 

 
Avec 11 lentilles en 9 groupes et 1 210 grammes, cet objectif est conçu mécaniquement comme le Otus 85mm, c’est-à-dire  somptueux. Le grand diamètre de la bague de mise au point sa fluidité et très longue course permet une focalisation très fine de 0,80 cm à l’infini. Bien entendu la réactivité est moindre et prédestine cet objectif au travail en studio, portraits, paysages…. En vidéo, la mise au point très précise et le débraillage du crantage du diaphragme en font un outil polyvalent.
Les adeptes de mise au point manuelle et vidéastes sauront apprécier.

Comme nous le disions plus haut, tout au long de ce test nous ferons un parallèle avec les courbes FTM fournies par le fabricant pour faire le lien  photographique entre nos résultats en images et ces courbes.

Test sur banc à 1:100
 
Centre (Zc)
   

 
Survolez l'image pour voir la référence à f/5,6          

  
Au centre l’amélioration en résolution par rapport à l’ancien 85mm f1,4 est visible, mais c’est surtout la meilleure maîtrise des aberrations chromatiques que fait la grande différence. Le damier est bien reproduit dès la pleine ouverture et c’est seulement les secteurs rouges et magenta qui restent dé focalisés. Le contraste est assez important mais n’atteint pas les sommets du Otus.

 Zone d'intérêt maximum (Zim) à 10mm du centre
  

 
                   Survolez l'image pour voir la référence à f/5,6        

 
À 10mm du centre le rendu décroît légèrement, plus des colorations autour de formes et un contraste moindre fournissent un damier moins bien défini en microdétails. Si on se réfère au Planar 85mm sur ce secteur du cercle d’image on peut constater tout de même les progrès accomplis.

Zone périphérique (Zp) à 20mm du centre
     


Survolez l'image pour voir la référence à f/5,6     

 
Sur ce secteur correspondant aux angles de l’image 24x36mm, aux grandes ouvertures les choses se compliquent pour le Milvus et c’est seulement au-delà de f/5,6 que les angles reproduisent les microdétails avec une qualité suffisante. Sur ce secteur avec l’ancien 85mm nous avions obtenu des résultats légèrement meilleurs. Cette contre-performance visible dans la courbe FTM fourni par Zeiss est due, à notre avis, au choix des opticiens de favoriser les performances dans les parties plus représentatives de l’image et à des distances intermédiaires de mise au point quitte à sacrifier les angles extrêmes à l'infini. De plus ce secteur du cercle d’image est inopérant en mode vidéo.
Avec les prises de vues nous verrons quelle est l’importance de cette dégradation des angles et comment elle est vue par la matrice bayer.

L'aberration trichrome
 


Glisez sur l'image 

La focalisation des longueurs d’onde de  trois couleurs, rouge, vert et bleu à grandes ouvertures pose beaucoup de problèmes aux opticiens. Ce Planar Milvus est en net progrès par rapport à l’ancien Planar 85mm et c’est seulement le rouge qui reste décalé aux autres couleurs. Le Planar Milvus  n’est pas un Apo !
Si l’on observe bien, les deux autres couleurs et le blanc sont sur le même plan de focalisation permettant un point blanc avec peu de colorations. Dans ce domaine le Otus 85mm reste imbattable.

Conclusion du test sur banc
Les résultats fournis par cette optique vont du très bon au moyen. Il faudrait tester une  optique Nikon ou Canon de 85mm f/1,4 pour pouvoir pondérer les résultats. Car même si l’ancien Planar est surclassé par le Milvus on est déçu par les angles au-delà de 18mm du centre, secteur ou le Batis 85 f/1,8 fait mieux, du moins sur les FTM.

Mires à 1/25 éme
Le travail avec ces mires reproduites à 1/25, nous permetront de voir le rendu dans les angles avec une distance de travail très courrante en studio et portraits.
La mire ci-dessous est présenté à deux diaphragmes


A7Rll Milvus 85mm à f/1,4
   


  Voir cadre1                            Voir cadre2                                    
                                                          

À pleine ouverture, cette mire, photographiée avec le Sony A7rll confirme les résultats sur banc et les FTM de Zeiss, dans le cadre 2, dans l’angle la trame de la mire se dégrade rapidement. Dans l’image ci-dessous à f/5,6 on voit la remarquable performance au centre et aussi l’amélioration des angles extrêmes. La finesse de la course et le grand diamètre de la bague de mise au point permettent d’utiliser au mieux le mode Live-view du d800e et A7Rll.
  
A7Rll Milvus 85mm à f/5,6 
 


      


     Voir cadre1                                           Voir cadre 2                                


Dans d’autres tests, nous avions vu que l’illustration avec des mires avait des limites et que devaient être accompagnées d’autres images, surtout quand il n’y a pas de référents pour comparer la finesse extrême des détails que parfois trompe notre vision.

Pour terminer la partie technique de ce test et avant de passer aux images courantes, nous avons comparé les résultats du Milvus avec l’Otus. Le protocole de prise de vues est le même et c’est seulement les boîtiers qui changent, le Otus est couplé au D800e tandis que le Milvus est vu par le A7Rll à f/1,4.

 

           

Cliquez sur les images

                                                                                                    
Avec ces mires, on constate la très grande différence des rendus dans les angles entre ces deux optiques à f/1,4, le Otus 85mmf/1,4 est largement supérieur, par contre, au centre on remarque l’excellente performance du Milvus à pleine ouverture, c’est seulement le secteur rouge qui est plus faible, résultat que confirme l’amoindrissement constaté avec le test sur banc. Âpres beaucoup de temps d’observation sur une grande variété des mires photographiées avec le D800e et le A7Rll, c’était très important pour nous de montrer ces résultats car ils viennent contredire notre test sur banc et les FTM de Zeiss dans lequel le Milvus est en retrait systématiquement au centre. C’est dû à la finesse du capteur 42Mp, au mode de dématriçage ? Nous ne le savons pas, mais on peut retenir qu’en prise de vues courantes la zone centrale (jusqu’à 15 mm du centre) du Milvus est excellente ! Voir image à f /2,8
 
Prises de vues
 
Dans la première série ci-dessous, les quatre images cliquables nous montrent l’évolution du rendu de la pleine ouverture jusqu’à f/16. La première chose que saute aux yeux est la très grande cohérence en contraste et chromie, sur ces images développées avec les mêmes paramètres, on constate que le seul changement réellement visible est la profondeur de champ, sur cette image même si la résolution à pleine ouverture est plus faible, le modelé et la saturation sont excellents. À la distance de mise au point minimum cet objectif est très performant et nous sommes surpris de la tenue en résolution jusqu’à f/16, car d’autres objectifs montrent un plus fort amoindrissement à ces ouvertures.

 


Cliquez sur les images 
                                                            

                                                                                                            
Sur les images à très longue distance de mise au point ci-dessus, le comportement est très différent : le contraste est moindre aux grandes ouvertures, le vignetage visible mais facilement maîtrisable au développement et l’affaiblissement de la résolution aux grandes ouvertures. Comme nous l’avons vu avec les mires et sur le FTM de Zeiss, le cercle d’image calculé au plus juste par Zeiss, limite la performance dans les angles à l’infini et c’est seulement à partir de f/5,6 que l’on obtient des bords de grande qualité. À f/8 la qualité d’image est superbe en contraste et définition.
  

Le portrait
Nous voulions faire beaucoup de portraits, avec une multitude de variables ; lumière, diaphragme, gros plan… Mais par manque de modèles nous avons fait seulement une image pour voir le bokeh à f/2 (Voir) et une comparaison avec un portrait fait à la chambre 4x5 avec un Symmar 210mm à f11 sur Tri-X 400 et le Milvus sur D800e à f/11 également. Nous préparons actuellement un dossier sur le noir et blanc avec Patrick Rosuel, et ces images nous permettront de faire divers parallèles. Ici on peut voir que le 24x36 36Mp est plus performant en résolution, pour les nuances, contraste et matière c’est une autre histoire.

 

  

                                                                                                       Cliquez sur les images

Conclusion
Au salon photo de 2014, Christophe Casenave nous demandait quel type d’objectif pouvait venir accompagner la gamme Otus. Notre souhait était un 85mm f/2,4-f/2,8 apo, plus compact avec une mise au point rapproché (40cm) et de qualité Otus.
Nous ne savons pas s’il sera à l’étude un jour, mais ce nouveau venu nous laisse un sentiment étrange. Avec pratiquement le même poids et encombrement que le Otus de 85mm ses performances quoi qu’en nette progression par rapport au Planar 85mm, sont assez décevantes sur les bords et angles de l’image en prise de vue lointainne. En prise de vue rapprochée ce sont seulement les angles que souffrent aux grandes ouvertures.
Avec la multitude d’images et mires analysées on peut dire que ce Milvus est parfaitement adapté pour le portrait et la prise de vue en studio, en photographie de paysage le rendu moyen voir faible aux grandes ouvertures  nous pousse à insister sur le besoin d’une optique plus compacte et performante pour la photographie nomade, même si elle ouvre qu’à f/2,4-2,8
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Remerciements
Nous remercions chaleureusement Didier Mercadal qui a représenté et défendu les objectifs Zeiss à Map manuelle depuis des années. C’est grâce à M Mercadal que depuis les origines de Revoirfoto (2005) et jusqu’au denier moment nous avons pu bénéficier des objectifs pour réaliser les tests optiques les plus complets et exigeants de l’histoire de la photographie.

                                                                                                            Tin Cuadra 
Voir aussi                                                                                          

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