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Leica S2
Vous ne l’avez pas rêvé, mais Leica l’a fait (Images)
Leica a fait le boîtier qu’aucun leicaiste n’aurait imaginé. Un boîtier qui tourne le dos au 24x36, à la mise au point manuelle et qui embarque énormément d’électronique, mais un tel produit peut-il être un vrai Leica ? C’est ce que nous allons voir dans ce test « prise en mains », qui pourrait s’appeler « deux jours et trois nuits avec un S2 ». 
  
 


Le coffre
Beaucoup de choses ont été dites sur la taille de ce boîtier : monstrueux, lourd, encombrant… Des qualificatifs que l’on a pu lire ici et là dans la presse ou sur le Net, mais il faut reconnaître qu’en deux ans d’attente, on peut dire énormément de choses, surtout sur un boîtier qui fait autant fantasmer. Maintenant, il est là et nous pouvons donner des repères sur ce critère très relatif qu’est la taille de l’objet. Tous les photographes ayant travaillé en moyen format, Pentax 67, Mamiya ZD, trouveront le S2 très compact et même discret, ceux qui travaillent en 24x36 auront plus de mal à juger la taille du monstre, c’est pourquoi nous avons voulu le comparer au Nikon D3x et au M9. Ces images nous permettent de voir que le boîtier est très compact pour une surface de capteur 56 % plus grande que le 24x36. 
  

  

Sur ces images, le Nikon D3x paraît plus grand, mais il intègre déjà la poignée pour les prises de vues verticales, le S2 avec la poignée dépasse en taille le D3x. Comparé au Leica M9, tout dépend du point de vue, de face la taille paraît très modérée.
Au vu de ces parallèles, on peut constater que le S2 est très bien taillé pour un moyen format.

Ergonomie, finition
Leica a fait le choix de réduire au maximum poussoirs et molettes, ce choix est intéressant d’un point de vue esthétique et mécanique, cela permet des formes très pures et une très bonne maîtrise de l’étanchéité du boîtier. Bien sûr, quand on fait ce choix, il faut pouvoir garantir une parfaite ergonomie et, sur ce point, le S2 n’est pas exemplaire. Malgré de grands efforts de simplification, les concepteurs n’ont pas réussi à dissocier les commandes de photométrie-obturation, des commandes de visualisation-traitement-mémoire.

Photométrie, obturation
Pour nous, l’exposition et l’obturation, avec toutes leurs variables (mesure, diaphragme, vitesse, correction de pose…) en auto et en mode manuel, doivent avoir des commandes dédiées et de préférence hors du menu de l’appareil.
Sur le S2, malheureusement, il y a un mélange des genres et on accède à la sensibilité, point blanc et surtout aux modes de mesure d’exposition (spot, pondéré, zones) et correction de la pose, seulement à travers le menu. Il suffirait de peu de choses à Leica pour au moins externaliser le mode de mesure et la correction de la pose. Ces fonctions, très utiles et, de ce fait, sollicitées en permanence, devraient avoir un accès direct et rapide.
En ce qui concerne la sensibilité, Leica a prévu la sensibilité Auto, avec limitation possible de la plage ISO, nous n’avons pas testé cette fonctionnalité, mais avec une plage auto de 160 à 640 ISO par exemple, on n’aurais plus besoin de passer  par le menu pour modifier celle-ci.
Pour les modes de mesure, c’est très regrettable que les concepteurs n’aient pas préféré une molette comme celle 
(superbe) de la correction de dioptries. De même pour la correction de la pose, un accès direct par la mollette de vitesse type (Bessa III) permettrait d’améliorer l’ergonomie et faciliterait l’utilisation de cette fonction pourtant très utile, voire indispensable.
 

 
Le Zones

Puisque le menu est devenu le centre de contrôle de l’appareil, Leica a choisi de le faire très logique et accessible avec seulement 4+1 touches. Les quatre touches autour de l’écran plus la mollette-poussoir donnent accès à une très grande quantité de fonctions et, malgré l’absence de manette joystick, la navigation est simple et rapide.
En ayant divisé le menu en quatre zones (appareil-lecture-prise de vue-installation), le contrôle du S2 par le menu est très convivial, ce qui compense un peu le manque de commandes directes que nous signalions plus haut. La mollette-poussoir dans ce dispositif est indispensable, car elle complète le clavier de quatre touches, avec sa rotation droite-gauche (défilement-choix) et son poussoir (confirmation). Il faut signaler qu’une fois en dehors du menu, cette molette-poussoir sert au changement de diaphragme et des modes auto.
Attention au pouce de la main droite,
 il est indispensable!
 

 

  
Monture, Objectifs, M.A.P
La face avant du Leica S2 est extrêmement dépouillée, un choix « traditionnel » pour la marque, seulement trois poussoirs, dont deux électriques (le déclencheur et le test de profondeur de champ) et un mécanique pour verrouiller l’objectif.
Par contre, avec la baïonnette d’un diamètre impressionnant et ses douze contacts dorés, Leica fait sauter en éclat la tradition. La mise au point manuelle et la transmission mécanique du diaphragme laissent la place à l’autofocus et au dialogue électronique entre le boîtier et l’objectif pour la Map et l’ouverture du diaphragme. Révolution ! diront certains.
L’objectif
Pour ce test, nous avons le Summarit-S 70 mm f/2,5 Asph(CS).
Dans un diamètre encore plus frappant que la baïonnette, il enferme toute la technologie nécessaire pour permettre une mise au point auto très rapide avec retouche manuelle et l’asservissement électronique du diaphragme. Avec huit lentilles en six groupes, un élément flottant et un filtre intègre, cet objectif permet une mise au point minimale de 50 cm !
À notre connaissance, c’est une première pour un moyen format. Cette distance minimale de Map est très importante, car elle permet de réaliser des images en proxi-photographie jusqu’au rapport 1/4,7 sans accessoires. En reproduction par exemple, elle permet de photographier un tableau ou un détail de 15x21cm ! L’élément flottant est là pour garantir la qualité de reproduction à ces rapports. 
  


 
Les habitués des nos tests optiques  reconnaissent les zones et la mire sur cette image, ici la  différence,  est que l'image(100%) est le produit du couple 70mm-capteur, et non pas une image sur banc. Les traits vont de 0.5mm à 1.5mm, et la distance de prise de vue est de 7m, remarquable! la qualité du centre aux angles de l'image est de très haut niveaux. Trois zones 1/100 70mm f/8

Toute une gamme d’objectifs est prévue et certaines optiques sont déjà disponibles, mais il faudra attendre les retours de photographes pour en dire plus sur le choix des focales. Pour les amateurs du Leica R et ses légendaires 180 mm-Apo, qui migreraient vers le S2 par exemple, ils trouveront certes un 180 mm-Apo, mais avec un angle de vue d’environ 17 ° contre 14 ° en 24x36.
Ou encore les utilisateurs du 35 mm comme focale « universelle » en 24x36 ne trouveront qu’un équivalent de 28 mm sur le S2. Avec ces exemples, on peut voir que ce nouveau système n’est pas un clone du R 24x36, et qu’il faudra prendre d’autres habitudes dans le choix des focales et des cadrages.
 
Mf, AFs, Afc
Pour un nouveau venu dans le monde du AF, Leica fait d’une pierre trois coups, et de belle manière. Le S2 propose trois modes interactifs pour faire la Map. Sur ce point, on ne peut que féliciter les concepteurs, car les combinaisons de Map selon le type de prises de vues sont très bien adaptées.
Par exemple, si on choisit le mode Afs et qu’on appuie sur le déclencheur à mi-course, la mise au point se fait sur le sujet visé et elle est immédiatement mémorisée. Par la suite, le photographe peut recadrer et retoucher le point manuellement comme si l’autofocus n’existait pas. C’est seulement s’il relâche et ré-appuie sur le déclencheur qu’un nouveau cycle de Map auto est initié. Les utilisateurs des Contax 645 et de son fameux poussoir arrière se retrouveront très vite, mais contrairement au Contax où le poussoir active la Map, sur le S2, il sert à mémoriser la Map.
À notre avis, les fervents défenseurs de la Map manuelle seront convaincus de la finesse et de la douceur de celle-ci, surtout avec les optiques à Map interne comme le 180 mm Apo.
Le mode AFc, mode continu comme son nom l’indique, maintient la Map auto tant que l’on appuie sur le déclencheur à mi-course, ce mode peut être très utile en photographie animalière, par exemple. Si un fauve fonce droit sur nous, c’est seulement avec ce type de Map que nous aurons le point jusqu’au dernier instant… avant le déclenchement. Bien sûr, ceci est une image, la rapidité de la Map est réelle, mais même les systèmes les plus véloces en petit format paniquent dans une telle situation.

 

Le capteur
Peu d’information circule sur le capteur KAF-37500, même Kodak dit peu de choses et ce capteur ne figure pas encore sur le site de la marque, étonnant ! Mais, au vu de certaines données techniques de ce CCD 30x45 mm 6µ par pixel, on peut penser qu’il a les mêmes « gènes » que le tout nouveau KAF-40 000, un excellent capteur en nette progression par rapport au KAF-39 000.
C’est sûrement l’efficience quantique de près du double ! gérée par le tout nouveau moteur Maestro, qui a permis à Leica d’oser une sensibilité de 1250 ISO ! Comme d’habitude chez Leica, pas de filtre anti-aliasing, la mosaïque Bayer avec ses micro-lentilles dialogue directement avec la lumière et c’est seulement un filtre anti-infrarouge intégré dans le capteur qui élimine une partie de celle-ci. Cette partie du spectre non visible, que les utilisateurs du M8 connaissent trop bien, est déclarée irrecevable sur les nouveaux capteurs de la marque. Le choix d’intégrer directement le filtre anti-IR dans le CCD a permis de réduire l’épaisseur de l’ensemble et on peut imaginer que ce choix va limiter les aberrations latérales pour les rayons très obliques d’un grand angle par exemple.

Capteur et optique
Nous voilà sur la phase finale de ce test « prise en mains » : on arrive sur le point de non-retour pour la marque, c’est-à-dire la qualité d’image, car c’est essentiellement sur ce critère que l’avenir commercial du S2 peut se confirmer. Le positionnement du S2 est à côté du H4D40 ou du Phase-One DF40+, matériel professionnel onéreux, pour des photographes très exigeants. Les comparaison ne tarderont pas à venir 
Le S2 part à la bataille avec des plus et des moins. Un plus, or subjectivité, est le fait qu’il est un vrai plein format, pas de conversion optique, pas de masques dans le viseur.
Et un moins d’importance, le S2 n’est pas un « dos + un boîtier », comme ses compagnons de route, mais seulement un boîtier. Kit ou double ! pour la marque allemande.
À revoirfoto, nous avons concentré beaucoup d’énergie pour analyser la qualité d’image du S2 avec son 70 mm, avec des images sur mires dans un premier temps et aussi avec des prises de vues en situation de reportage ou en studio pour finir. Toutes ces images sont traitées avec différents logiciels : Camera Raw, CaptureOne5 et Lightroom bêta 64. Les références Un des grands problèmes de la visualisation sur le Net est la compression des données, cette compression qui lisse tout et qui rend tous les appareils identiques ou presque.
Les images seront traitées au mieux en 16 bits et converties en 8 bits du JPG pour le Net, ce n’est pas l’idéal, mais c’est mieux que le JPG fourni par le boîtier pour extraire le maximum d’informations contenues dans le fichier Dng. L’autre élément important pour juger de la qualité d’un produit est le parallèle avec un autre produit similaire. C’est pourquoi nous avons choisi de comparer les images à des références connues. Comme repère nous disposons du D3x et ses 24Mp avec un Macro-Planar 50 mm f/2.     Voir les images

Résolution et Bayer
Tous les constructeurs de capteurs d’imagerie numérique, connaissent le problème des irisations colorées dans la reproduction des micro-détails avec un capteur à matrice de Bayer.
Parmi les solutions proposés pour réduire ces phénomènes il y a l'amoindrissement de la haute résolution grâce à un filtre anti-aliasing, ce qui a pour but d’empêcher que des micro-détails plus fins qu'une cellule(vrvb), puissent insoler un seul pixel à la fois, ce qui mettrait à mal l’adage de Bayer, quatre pour un(capteur), un pour trois (écran), avec les conséquences que l’on connaît (brillances colorés, crénelures colorées…).
Leica, l’opticien de la haute résolution, ne veut pas se résoudre à cette solution (sur le M8 et M9 pas de filtre passe-bas) et a choisi le traitement par logiciel des irisations parasites et du moirage.
La question qui vient immédiatement à l’esprit est, par qui, où, et comment ce traitement est-il fait ? Par l’électronique du boîtier (Maestro) ? Ou par le logiciel de dématriçage ? Si c’est par le premier, alors ce n’est plus un fichier brut (raw), et si le traitement est assuré par le logiciel de dématriçage, lequel ? Camera Raw, LightRoom, CaptureOne ? Lequel a collaboré suffisamment avec Leica pour séparer le bon grain de l’ivraie ?
Nous ne le savons pas et c’est pourquoi nous ferons des tests avec les trois dématriceurs cités ci-dessus.
Pour déceler ces artefacts, nous avons conçu plusieurs mires. Que permettent de visualiser très finement les limites de reproduction des détails en fonction de leur taille et de leurs couleurs et de montrer les phénomènes qui viennent parasiter l’image. Les deux premiéres servent à decomposer le rendu en fonction de la couleur pour la mire MDB et à deceler le moiragé avec la MDM  
Mire à detection Bayer. 
La première image de la mire MDB (24x36cm) est faite en plein cadre pour montrer la qualité d’image du système à des rapports de réduction modérés (1/8) pour ce capteur de 30x45 mm et (1/10) en 24x36 mm.
 


Cliquez sur l'image 

Sur l'image à 100% on remarque la différence de résultat selon les couleurs des motifs, les formes colorées RVB sont beaucoup moins bien reproduites que les formes noires et jaunes.
Mais de manière générale on peut dire que, à ces rapports, le S2 voit la totalité des informations du sujet.
Pour la deuxième image, la mire à détection Bayer (MDB) est placée dans une surface de
180 cm par 120 cm, ce qui donne un rapport de reproduction de 1/50 sur un format 24x36 mm et de 1/40 pour le S2. On peut considérer cette photographie comme la reproduction d’un tableau, pour laquelle la meilleure restitution de l’œuvre est demandée.
 

 
Cliquez pour voir l'mage à 100%

Bayer souffre, à ces rapports les choses se compliquent et l'on voit tout l'intéret de cette mire qui vient confirmer que tout les tests fait avec une mire noir et blanc son très loin d'informer sur les subtilités des rendus.
Pour bien réaliser la difficulté de ce test, voici l'image avec un D3x et le Planar50mm.
Sur cette image on peut constater que la dégradation est encore plus forte.
Sur la bande rouge bleu par exemple, plus aucune information n'est exploitable. Voilà un premier point important; la taille du capteur fait la différence, même par rapport à un capteur avec des pixels plus fins( 5,4µ) et une excellente optique.
Voir
 


Cliquez pour voir l'image à 200%

Plusieurs lectures possibles pour cette mire, la première, la plus importante selon nous, est la différence de résolution selon la couleur des formes et du fond.
L’autre information est la très bonne résolution et déduction de la couleur jaune, car nous savons qu’il n’y a pas de filtre jaune sur les capteurs. Et, pourtant, ce sont les formes de cette couleur qui sont les mieux reproduites, quel qu'elle soit la couleur du fond.
Dans le sens contraire, les détails les plus fortement pénalisés sont les combinaisons rouge-bleu.

Mire à detectection du moirage


70mm f/5,6 Capture One  Cliquez sur l'image pour voir à 100 %

 
Pour cette deuxième mire, seules des prises de vues au rapport 1/40 seront montrées. Les phénomènes visibles sur la partie haute de la gamme de gris sont dus à la superposition de deux trames, celle de la mire et celle de la mosaïque du capteur, qui est aussi une trame. Sur ces vues, on remarque la variation de formes parasites selon le diaphragme, à f/22 les formes colorées disparaissent à cause de, ou grâce à la diffraction, que réduit la résolution de l’optique. Ces images fantômes décelées sur mire peuvent parfois apparaître dans la pratique, sur des sujets très contrastés et brillants, avec des micro-détails répétitifs.
Sur de tels sujets, les pixels colorés peuvent venir nuire la restitution. Par contre, la trame en superposition qui entrerait en résonance avec le capteur comme dans notre exemple, vous ne la trouverez qu’une fois sur un milliard d'années.

Plus loin, nous verrons pourquoi le choix de Leica de résister au filtre passe-bas continue de nous plaire. Toutefois, on aimerait que, dans les prochains micro-programmes et programes, Leica et Adobe puissent accentuer un peu le traitement anti-moirage.
   


70mm f/5,6 Camera Raw  Cliquez sur l'image pour voir à 100 %
 

Avec ces deux images, on met aussi en évidence les différents résultat selon le soft de traitement, et on espère que le point faible ne soit pas le format DNG, et que  les ingénieurs des grandes marques trouveront les algorithmes les plus adaptés 
 
Résolution, couleur et dynamique

Cette mire, avec de très grands écarts de contraste et de saturation, nous permet de voir le comportement du couple capteur-optique, en résolution et en dynamique.
Elle est photographiée de la même manière que les précédentes, c’est-à-dire à l’intérieur d’une surface de
180x120 cm qui impose un rapport 1/40 sur le S2. Sur les plages grises, le même motif est reproduit et placé devant plusieurs densités, pour créer une gamme avec plus de 10 diaphragmes en négatif et en positif. L’autre partie de la mire est composée des mêmes motifs en couleurs et en couples (sujet-fond), ces couples nous permettent de voir la non-linéarité de la reproduction des formes selon leurs couleurs et la couleur du fond, ainsi que la subtilité des contrastes obtenus.

 


160 Iso f/5,6

 
La lecture des ces mires nous renseigne de plusieurs choses lies aux principes techniques mis en place pour ce capteur.
Su la partie achromatique, on remarque la très grande finesse de reproduction, même dans les très grands contrastes, on remarque aussi les pixels colorés dans les formes les plus fines. Dans une autre page nous parlerons de la dynamique maximum en fonction du traitement du fichier DNG, les subtilités d'interprétation rendent assez difficile la représentation objective et comparable, de l'étendu de la gamme des tons.

Dans la partie couleur, on remarque la quantité variable d'information obtenue sur un même sujet avec des couleurs différentes. Certains couples sont très bien reproduit et d'autre très dégrades, il suffit de voir en haut a droite le couple rouge-magenta et le couple jaune-vert, pour ce percevoir que la mosaïque Bayer a des grandes limites. C'est peut être en partie pour cela, que Leica à quitté le petit format.  Pour conserver une taille de pixel CCD suffisaient grande, et la très haute résolution chère a la marque, le 24x36 ne suffisait plus.
 


160 Iso f/5,6

 
Sensibilité et dynamique
Leica a jugé bon de permettre les poses à 1250 ISO ! Cela nous paraissait trop élevé pour un capteur CCD sans refroidissement. Mais, au vu des images tout à fait exploitables, on comprend que ce choix n’est pas du marketing. Malgré le bruit qui monte dans les parties sombres, dans les tons moyens et les hautes lumières, le rendu est remarquable. Pour cette sensibilité extrême, il faut veiller à la pose. Il faut qu’elle soit la plus juste possible, car sur les sujets à très fort contraste, il n’y a aucune possibilité de récupération. Si la pose est bonne, le rendu est très nuancé et détaillé, si les noirs ou les hautes lumières sortent de la plage dynamique, on n’a aucun recours, le capteur nous a déjà tout donné.
 


       Iso 1250 f/11 

Poses longues et bruit
Le S2 embarque une fonction de pré-traitement pour les poses longues. Voilà une fonction tout à fait intéressante, les spécialistes en imagerie, connaissent le principe d’extraction du bruit dans le noir, Leica a très bien fait d’intégrer cette méthode de manière automatique pour toutes les poses au-delà de 1/2 s.
À partir de ce temps de pose, le S2 fait une deuxième image, avec le même temps de pose, mais avec l’obturateur fermé, les mesures de bruit de cette deuxième vue servent à l'extraire  de la vue réelle lors du traitement. Bravo !
Sur ces images réalisées à 32s, on peut constater une très bonne réponse, les photographes travaillant au clair de lune seront ravis. Mais attention, une pose d’une minute impose une attente d’une minute !
   

 
160iso 32s f/8

 
Conclusion
Il se fait tard, il faut conclure, et nous n'avons pas parlé du viseur très clair et de son oculaire de très grand diamètre, ni de l’obturateur très doux et de son pré-déclenchement, ni de la gestion de la mémoire et de ces cartes, ni de la connectique très solide, ni du logiciel pour piloter l’appareil depuis l’ordinateur, ni des optiques avec obturateur central, pas un mot non plus sur les multiples modes flash.
Malgré tous ces manques, presque tout a été dit au cours de ce premier test « prise en mains » : qualité d’image superbe, saturation des couleurs et résolution très élevée, la plus haute que nous ayons testée ! De plus, la « sensibilité » extrême pour un CCD, décriée ici et là parce que trop bruyante, permet des images superbes. Le tout est de savoir pour quel type d'images on choisirait une telle sensibilité, en gardant a l'esprit que en numérique comme en argentique, il y a une seule sensibilité Iso réelle pour une surface sensible determiné, le reste c'est le bon compromis, celui du photographe et sa pratique.

 Revoir les fotos

Tin Cuadra

Un grand merci à Jean Marc Francoz et François Guinand 
de la Maison du Leica pour le prêt du S2.

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