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Au delà du Monochrom

14h. Il nous reste encore moins  de temps pour parler des d'autres capacités cachées de ce surprenant boitier. La numérisation de nos négatifs, comment faire quand on dispose des milliers de négatifs, comment sortir du noir cette merveilleuse accumulation des prises de vues quand on ne fait plus de labo.
En France, un des grands pays d'utilisateurs de Leica, il doit y avoir des millions des clichés non numérisés, par manque de temps, d'argent pour sous traiter, et/ou par manque de matériel apte à cette tâche. Si vous avez du temps pour déclencheur, mais pas pour scaner, et de l'argent pour vous offrir le matériel nécessaire, alors cette alternative inespérée peut vous intéresser.

Leica Monochrom et la numérisation
Les images ci-dessous, toutes réalisées 1989 avec un M4-P, on était prises en Tmax400 et développes avec du Rodinal. La numérisation avec le Leica Monochrom ont était réalisée grâce à un merveilleux accessoire de l'époque Leitz Wetzlar. Le Visoflex III, cet outil  extraordinaire de précision, confirme les biens faits de la rétrocompatibilité qu'a su conserver Leica. Comme optique nous avons employé l'Apo-Rodagon 75mm f/4 1:1. Après un développement très rapide dans Camera-Raw nous découvrons avec un immense plaisir, des positifs comme on les à rarement vus. Plus des vingt ans après, tout est là. Bravo!
Souhaitons que la maison mère Leica de retour à Wetzlar renoue avec la fabrication d'accessoires comme le Visoflex, nous sommes convaincus que les leicaistes trouveraient un grand plaisir à pérenniser leurs pratiques du noir et blanc argentique, grâce à la qualité et simplicité de cette approche. Faire du noir et blanc en argentique et numérique, en sachant qu’on pourrat tout numériser de manière cohérente et rapide avec le Monochrom, nous parait être un vrai plus pour le nouveau Leica.
     

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Vite, une variante pour voir si on peut aller plus loin dans la qualité des résultats. L'image ci-dessous (sur les paves la plage), nous l'avons numérisé avec un filtre vert placé entre la boite de lumière et le négatif (pas devant l'objectif), et aussi sans filtre. Dans l'agrandissement à100% vous pouvez constater la différence de rendu sur les détails et le contraste. Utiliser une source monochromatique pour limiter les aberrations chromatiques même infimes de l'objectif c'est possible grâce au capteur non filtré du  M-Monochrom.
    

 

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Sur les images ci-dessus, il s'agit des numérisations obtenues avec le M9, et le Monochrom filtré en vert, même si on est très prudent dans l'interprétation de ces agrandissements en JPG pour le Web, on peut constater que le grain et les détails sont mieux interprétés par le Monochrom. Les utilisateurs du M9, peuvent voir aussi que l'écart entre les deux systèmes et subtile, et que la numérisation avec un M9 sera de très bonne qualité aussi. Il faudrait faire d'autres tests comparatifs, avec dés films très fins comme l'Acros de Fuji ou la Tmax100 de Kodak pour voir vraiment les différences et limites de cette méthode.

La trichromie

16h. Plus qu'une heure pour faire de la couleur avec une surface sensible en noir et blanc.
Pour parler de la trichromie nous aurons une référence connue, le M9 et son beau rendu saturé, la charte X-rite et un Apo Digitar 150mm f/5,6 de Schneider monté encore une fois sur le Visoflex III et son Soufflet.
Pour faire simple, nous rappelons seulement que la matrice Bayer c'est aussi de la trichromie, mais avec les trois couleurs seulement côte à côte. Celle que nous voulons vous montrer place les trois couleurs par empilement sur le même point. De plus, grâce à l'emploi des filtres très sélectifs on verra la chromie avec des couleurs saturées et brillantes, au plus proche du modèle théorique, le tout avec la résolution maximale de la gravure du Monochrom c'est-à-dire 6,8µ.
  

 

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Avec cette expérience très ludique, nous pouvons constater l'excellente saturation du Leica M9, car comparé avec la méthode trichromique et ces filtres très sélectifs, le rouge, vert, et bleu du M9, sont aussi très saturés. On peut voir aussi que le rapport résolution-couleur pour cette échelle de reproduction,(1/10), est très bon sur les deux systèmes. Nous devons agrandir à 300% pour pouvoir vous montrer le  plus de la trichromie avec le Monochrom.
 

 

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Sur cet agrandissement à 300%, on voit que le damier au coeur de la cible (0.2mm) n'est vu que par le systéme à trois filtres sur le Monochrom, et que la nature de points rouges est aussi mieux respecté avec ce boitier et la technique trichrome.
 

 Sur un sujet en mode portrait, éclairé avec une boite de lumière composée des néons lumière du jour, nous voulions voir le comportement de la trichromie avec une source problématique, pour certaines surfaces sensibles. Le spectre discontinu du néon, avec des pics de rayonnement très fort pour certaines couleurs, provoque parfois des rendus inférieurs à d' autres  sources, comme les flash de studio ou le tungstène. Voici les trois poses en rouge, vert, et bleu, qu’on permit l'image ci-dessous.

 
                

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En regardant  cette image, on imagine qu'un sujet que mériterait un grand papier,  ce serait, La couleur en numérique, avec des méthodes alternatives.
  

 

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Malheureusement nous n'avons plus le temps de comparer ces merveilleux résultats avec ceux obtenus avec un M9. Mais nous avons fait et stocké des images, et dans un prochain papier nous essayerons de revenir plus en détail sur la couleur du Monochrom.

17h
Voilà nous approchons de la fin, et nous devons partir pour rendre le boitier et son optique à 19h au plus tard. Sur la route nous profitons des derniers instants pour faire quelques photos, avec le Summicron de 35mmf/2 asph et l'Elmar 24mm f/3,8 asph.
    

  
 

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Ces images traitées dans Photoshop, et présentées à plusieurs rapports d'agrandissement permettent une vue rapide de la finesse et de la variété de traitements possibles en prise de vues de reportage.
19h. Nous nous présentons au Leica Store rue de la Pompe, quand nous évoquons le pourquoi de notre visite, on nous répond, un gentil et non moins fier, vous êtes sur de vouloir le rendre?
Nous remercions M Bruno Labarbère et Mme Gaëlle Gouinguené du Leica Store pour le prêt du Leica le temps de ce test, et aussi Jean Marc Francoz de la Maison du Leica pour avoir motivé la rencontre avec Revoirfoto

Conclusion

Pensez-vous que le Monochrom soit un appareil de luxe?
Non, il n'est pas assez cher et Leica communique surtout sur ses qualités photographiques..

Trouvez-vous son prix trop élevé?
Oui, il est cher, pour nous, un prix inférieur de 20 à 30% aurais permis un accès à un plus grand nombre de photographes désireux de faire du vrai noir et blanc numérique, mais en France on dit "quand on aime on ne compte pas". Pour nous une variante possible serait "quand on aime, on compte ailleurs".
 
Si les photographes peuvent convertir les fichiers couleur du M9 en noir et blanc, pourquoi  achèteront-ils un Monochrom?.
Il n'est pas certain que tous les utilisateurs de Leica voudront acheter un Monochrom. Par contre l'amateur de noir et blanc classique qui n'a pas envie d'interpréter un fichier couleur et qui ne veux pas d'un boitier à tout faire l'obligeant à passer beaucoup de temps devant l'ordinateur pour faire une post production cohérente, sera très intéressé par l'approche Leica.

Dans votre test, vous décriviez la manière de numériser nos négatif avec un boitier numérique, alors pourquoi ne pas continuer à faire du film et le numériser avec la méthode décrite?
Bien sûr qu'il faut continuer à faire de l'argentique, dans la conclusion du chapitre sur la numérisation,  nous encourageons même la pratique de l'argentique. Jamais il est dit dans le test que le Monochrom est meilleur qu'une Tri-x ou une Tmax, mais nous constatons que dans l'écriture photographique ce boitier introduit une nouvelle dimension dans la continuité du noir et blanc. Par exemple, la très haute sensibilité permet des images impossibles en argentique, la résolution pratiquement linaire quelle que soit la sensibilité choisie, est aussi un élément de création.
Par ailleurs, partir avec deux cartes mémoires ainsi qu'avec deux ou trois batteries, et revenir avec 3000 images, l'équivalent de 83 films 36 poses (20€ développement plus planche de contact) c'est aussi un élément à prendre en considération. On peut pousser plus loin le raisonnement et dire que la photographie nomade de qualité souhaité par  Oskar Barnack est ici à son comble.
Sebastiao Salgado nous disait il y pas très longtemps que l’élément le plus contraignant lors d'un départ en reportage était de garantir le bon acheminement des centaines de bobines et d'assurer leurs conservations jusqu'au développement.
 

 

 

                                                                                                            Tin Cuadra

Voir aussi
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oskar_Barnack
http://fr.leica-camera.com/photography/m_system/m_monochrom/
http://fr.wikitranslation.com/en/Hermann_Wilhelm_Vogel
http://www.photomemorabilia.co.uk/Ilford/Ilford_Plate_Boxes.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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