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               HC 50mm f/3,5 II Hasselblad  

 

 
En parallèle du test pratique du H5D-200c, nous profitons pour tester trois optiques Hasselblad pour le système H. Pour ces tests nous avons la chance de bénéficier du H5D-200c multi poses de Hasselblad, que permet  la déconstruction de la matrice Bayer à la source, et nous offre la possibilité de voir les performances de ces optiques avec une finesse réelle de 5 microns par pixel. Une multitude d’images viendront illustrer les performances de cette optique avec ou sans Bayer.


Courbes Ftm du fabricant 
   

 

 

Avec 11 éléments en 7 groupes ce nouveau 50mm f/3,5 de Hasselblad se donne les moyens d’offrir les courbes Ftm visibles ci-dessus. Les connaisseurs de graphiques Zeiss et Leica, verront tout de suite qu’on est devant une formule très performante juste dans les angles, de plus, des telles courbes sur une zone d’image 37x49mm sont très rares.
20 et 40 Plmm avec une moyenne de plus de 50 % de contraste pour un cercle d’image aussi grand est une belle réussite.
 
Mires au rapport de 1/20 env.
Ces mires à courtes distances de travail, permettent de voir le vignetage à pleine ouverture, la déformation et la courbure du champ, parfois très prononcée sur les grands-angles. Nous venons de tester 3 optiques 35mm en monture M, sur ces trois formules la courbure de champ est gênante.
Le HC 50mm f/3,5 II équivalent à un 31mm en 24x36, est surprenant de qualité, pas seulement le vignetage apparent et faible et la déformation légère, mais la résolution et planéité sont superbes dès la pleine ouverture.
Que cette optique ne souffre pas de courbure de champ est  très important, car en moyen format ce serait impossible de trouver un compromis de qualité centre-angles par le diaphragme.
En cliquant ci-dessous on peut voir le rendu centre-angle à f/3,5 et f/8.
 


Voir à f/3,5                                  Voir à f/8                                     


Belle surprise ! Nous nous attendions à un affaiblissement plus important vers les angles à cette distance du sujet (1m env). Les courbes Ftm sont confirmées de belle manière et sur toute la surface du capteur.
L’ouverture modérée de cette optique à permis aux opticiens de Hasselblad de faire un bon compromis entre, poids, encombrement et performances optiques. Cet objectif de type retrofocus doit bénéficier des meilleures techniques actuelles de calcul et réalisation pour permettre cette qualité à courtes distances de travail.
Avec des prises de vues courantes nous verrons si cette performance se confirme à l’infini.
Avant de quitter le labo il faut voir cette prise de vues au rapport 1/100. La mire de 60x90cm occupe une surface infime du capteur et malgré cette réduction très importante, en cliquant ici on voit l'ampleur des performances de ce couple HC50mm f/3,5-H5D-200c.

Prises de vues
 


                                             H5D-200c 50mm à f/5,6 400iso                   Cliquez sur l'image   

Les zones flouées ne présentent pas de dédoublements sur les formes linaires, à f/5,6 le flou est encore bien présent et permet une bonne séparation des plans. Sur la zone nette le modelé nourrit des détails est très agréable même à 400iso, le contraste et le bord des formes donnent beaucoup de corps à la matière.
Par contre la moindre erreur de mise au point est visible, sur cet exemple le point s’est fixé sur le bras, et le visage est légèrement hors focus.
  


H5D-200c 50mm f/5,6  400iso                    Cliquez sur l'image 

La géométrie et le vignetage, ne provoquent aucune gêne sur cette image, non corrigé lors du traitement. Avec les images suivantes nous éloignons encore le point de vue pour juger les qualités à longues distances de travail en paysage et objets à l’infini.
 

 
H5D-200c 50mm f/8  400iso                        Cliquez sur l'image    

 
Dans une autre page test, nous avons déjà fait notre mea culpa à propos de la proximité des rendus entre un 24x36 (40 ou 50Mp) équipé des optiques haut de gamme (Otus, Art)  et un dos moyen format. Au vu des résultats du H5D avec cet objectif on sait que plus jamais on pourra dire une chose pareille.
Avec des capteurs gravés en 5µ, le moyen format même en 32.9 x 43.8mm  s’éloigne inexorablement du 24x36 en finesse et rendu de matières. Des nouveaux capteurs avec une surface supérieure amplifieront encore la différence de ces deux mondes.
Par contre comme on peut voir avec l’image ci-dessus, la profondeur de champ est plus limité est demande une grande maîtrise dans la composition des plans, si on ne veut pas diaphragmer jusqu’à la destruction de cette richesse de détails et brillances.
   


                  H5D-200c 400iso f/11

                         H5D-200 400 iso f/8
                          

 
Premier plan et infini, ces images illustrent efficacement les performances de cette optique en prise de vues lointaines. La matière et définition de l’avion à f/8 à très grande distance sont simplement incroyables. Notre enthousiasme est réel, car jamais nous n’avions vu un résultat pareil à 400iso. L’image à f/11 permet de voir que les lignes du premier plan (4m) ne sont pas dédoublées, les lignes de l’immeuble (50m) très bien résolues et que l’avion à (3 ou 4 Km) est exempt d’aberration ou déformations bien qu’il soit à l’angle extrême de l’image. Bravo !

Performances et perception 
Pour finir ce test croisé (H5D-200c HC 50mm f/3,5 II) il faut faire un point sur la perception que nous avons de la qualité et richese d’une image. Le but est de montrer, que sans  référents comparables et verifiables  dans la pratique on peut croire beaucoup des choses.
Les images du Biogon 35mm f/2,8 avec le A7RII 42Mp, seront notre referant 24x36 mis en parallele du 50Mp de Hasselblad.
L’image ci-dessous faite avec le Biogon  à f/5,6 est présenté des trois manières. La première en cliquant sur l’image, est un agrandissement que permet de voir la grande qualité du centre de cet objectif.
   

 
Voir cadre 1          A7RII Biogon 35mm f/5,6                 Voir cadre 2                            
                      

En cliquant sur cadre 1 et 2 on voit que les formes sont légerement arrondies au centre et fortement dégradées dans les bords. Quels sont les phénomènes que provoquent cet amoindrissement gênant des formes ?  Une piste probable, mise à part la courbure de champ, ce serait l’angle d’incidence très prononcé des rayons sortant du bloc arriére du Biogon². Le HC 50mm f/3,5II par sa construction retrofocus a une grande distance entre le bloc arrière et le plan focal, avec un l’angle d’incidence moindre et une courbure de champ infime cet objectif ne souffre pas d'une forte dégradation sur les bords et angles de l'image.
Ci-dessous le même exercice mais avec le HC 50mm f/3,5 à pleine ouverture. En cliquant sur l’image on voit un agrandissement de 22 % de la taille réelle du fichier. Difficile de départager ce rendu avec celui du Biogon à cette taille... 
Pour en savoir plus sur les types de construction des grand angles quasi symétriques et retrofocus visitez le site de Pierre Toscani ² 
   

           
Voir cadre 1            HC 50mm f/3,5 H5D-200c                Voir cadre 2                                  

 

 
par contre si on regarde les cadres 1 et 2, dès la pleine ouverture la différence est visible. Au centre le moiré montre que la résolution optique entre en résonance avec la matrice Bayer, ceci indique que la résolution et contraste de l’objectif ne peuvent être lus par le capteur. Les bords, bien qu’amoindris sur ce secteur à pleine ouverture restent exploitables.  
Au summum de cette hierarchie se trouve le multipose à f/5,6, ces résultats servent à illustrer les gains obtenus par la déconstruction de la matrice Bayer, et prouvent que 4 sur 1 est toujours plus que 1 sur 4, surtout avec un objectif très performant. Voir cadre1 f/5,6  4 posesVoir cadre2  f/5,6  4 poses 
Depuis que nous avons fait ces images en 4 poses, tous nos référents on disparut, désormais on revoit à l’image du centre en 4 poses pour imaginer la qualité dans un lointain futur.
Les prises de vues en une pose, avec des capteurs gravés en 2 ou 3µ permettront peut-être cette finesse.

Bien entendu Hasselblad déconseille de faire des paysages en multiposes, car le moindre mouvement du sujet empêche les calculs de superposition des pixels, mais en architecture et monuments,  même en reproduction, ce couple est réellement exceptionnel !
    
Le Biogon 35mm de type M souffre au contact du A7RII, sa courbure de champ est responsable en grande partie de mauvais résultats sur les bords. De plus l’angle d’incidence de la lumière sur les bords et angles n’arrange rien.
Ce défaut n’est pas indiqué dans les graphiques de la marque, car si on observe les courbes Ftm on voit bien qu’elles sont similaires voire supérieures à celle du HC 50mm f/3,5. Et pourtant!
 

                                                  

Conclusion
Avec l’arrivé des capteurs sans filtre anti-aliasing de plus de 24Mp, on a pu voir dans le monde du 24x36 qu’une grande partie de "cailloux" n’étaient plus du tout adaptés. Le moyen format a été épargné tant que les capteurs avaient une gravure de 9µ, depuis l’arrivé de capteurs gravés en 6µ ou 5µ, les photographes professionnels ont vu par eux-mêmes que certaines optiques même renommées ne suivaient plus.

Hasselblad en renouvelant sont 50mm répond à cette évolution et créé un objectif capable d’envoyer une grande quantité d’information vers les capteurs les plus fins, dès la pleine ouverture.
C’est sous le regard  du dos 200c en mode multiposes que nous pouvons dire que le nouveau HC 50mm f/3,5 est né pour durer.
 

Nous remercions Hasselblad France et le Moyen Format pour la confiance en nos tests.

                                                                                                            Tin Cuadra  

Voir aussi H5D-200c et Bayer
                                 
                                                                        

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